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vendredi 14 septembre 2018

Actifs et Passifs 1 - La maison

Je parle souvent de mon approche en matière d'investissement, ainsi que des comptes enregistrés comme le REÉR et le CÉLI. Je rapporte à chaque mois l'état de ma valeur nette relative ainsi que les diverses transactions que j'effectue dans mes portefeuilles de placements. Mais qu’est-ce qui aiguille mes décisions?  

J'ai donc décidé de faire un tour global de mes avoirs, pour vous informer de l'état de la situation ainsi que des choix et décisions que j'ai pris pour en arriver là.  

Le premier billet de la série porte ce qui est à la fois notre plus gros actif et notre plus important passif : la maison. 



Louer ou acheter?

Bien que cela fait deux ans que nous sommes dans notre maison, le projet a commencé il y a bien plus longtemps. Dès 2013, nous avions commencé à nous questionner sur ce que nous voulions : un loyer, un condo, une maison? Alors que pour certains l'immobilier est la seule voie vers la richesse, d'autres ne sont pas d'accord. C'est une question très subjective. Nous avons finalement opté pour une maison, car nous désirions vivre dans un endroit plus tranquille que la ville.

Ensuite, maison existante ou maison neuve? En 2014, nous avons visité un condo en ville ainsi que trois maisons en banlieue et vu une panoplie de photos sur Internet. Nous nous sommes vite aperçus que ce qui est sur le marché aujourd’hui n’est pas très facile d’entretien. Pour plusieurs maisons, la toiture, les fenêtres et même l’extérieur était à refaire. Lors des visites, nous avons pris conscience que plusieurs maison avaient des problèmes de tuyauterie ou des improvisations électriques ou même architecturales sortant de l’imagination souvent un peu trop fertile d’un ancien propriétaire. Cela pourrait faire craindre le pire. Nous souhaitions un endroit à notre goût, qui nous ressemble et qui ne nécessite pas d'extensives rénovations pour y arriver. Nous avons donc décidé d’y aller avec une maison neuve! Nous avons alors débuté nos démarches avec Maisons Laprise. 


Le déroulement du projet

C'est en 2015 que nous avons donc acheté notre beau terrain boisé à Stoneham. Notre idée était de considérer le terrain comme la mise de fonds de l'hypothèque. Après avoir magasiné auprès de plusieurs institutions financières, nous nous sommes aperçus que certaines ne prêtent pas pour les constructions neuves, ou alors elles le font à des taux exorbitants. La décision n’a pas été très difficile; étant donné que notre besoin était très précis, l'hypothèque de construction de la Banque de Montréal était la meilleure solution pour nous à ce moment.

Contrairement à une hypothèque traditionnelle, l'hypothèque de construction est constituée de déboursés progressifs. C'est un grand défi de planification car les fonds ne sont débloqués par la banque qu'une fois certains travaux très spécifiques complétés. Le problème, c'est que les entrepreneurs veulent souvent se faire payer avant ! Nous avons donc dû gérer cela avec de la liquidité, une carte de crédit, une marge de crédit et beaucoup de discussions et négociations. 

À un moment donné, les travaux étaient complétés selon notre constructeur, mais n'étaient pas à notre goût : des poutres qui pourrissent au plafond, ce n'est pas ce qu'on appelle quelque chose de complété! Ils nous ont alors menacé de contracter une hypothèque légale sur notre maison : en termes clairs, ils auraient pu nous obliger à revendre la maison pour se faire payer! En réponse, nous avons payé puis enclenché les démarches avec Garantie Construction Résidentielle. Le problème s'est "magiquement" réglé dans les semaines qui ont suivi. Les voies légales sont souvent très compliquées mais pas avec GCR, semblerait-il.



La situation actuelle

Nous avons déménagé à l'automne 2016 et les travaux ont été officiellement complétés par les constructeurs au début de l'année 2017. Depuis, nous économisons de façon périodique pour réaliser d'autres travaux dans la maison, comme le terrassement ou finir le sous-sol.

Dans mon bilan mensuel, je tiens compte de la valeur marchande de la maison, telle qu'évaluée par la banque au début du projet. La contrepartie est évidemment le solde restant sur notre hypothèque.

Les déboires de l'hypothèque de construction ne sont plus qu'un mauvais souvenir et nous payons nos mensualités de façon normale. Au départ, notre amortissement était de 25 ans. Nous avions choisi un taux d'intérêt fixe pour 5 ans à 2.54%, question d'avoir quelque chose de stable qu’on puisse gérer sans tracas pour débuter. Lors du renouvellement, le potentiel de mauvaises surprises sera moins élevé que lors de l’achat, nous pourrons peut-être nous diriger vers un taux variable. Entre temps, une mise de fonds additionnelle durant la dernière année a permis de réduire l'amortissement à un peu moins de 21 ans.

Dans 3 ans, nous aurons à renégocier notre hypothèque : nous verrons alors quelle banque nous offrira le meilleur taux et les meilleures conditions. Historiquement, les taux variables ont permis d'économiser en frais d'intérêts dans 90% des cas. La situation économique est un peu différente maintenant, mais le principe devrait être le même.

En attendant, nous pouvons profiter de la tranquillité de la vie à la montagne et de notre terrain grouillant de vie, avec les oiseaux et les animaux qui viennent nous rendre visite de temps à autres!








samedi 4 juin 2016

Prévoir l'imprévisible

Comme vous avez pu le constater sur ce blog récemment, notre projet de maison prend beaucoup de place dans nos vies. C'est un événement très important pour nous et que nous planifions avec soin. Côté financier, un des aspects auxquels il a fallu songer, c'est ce qui arriverait si l'un de nous deux devenait invalide ou décédait. L'autre pourrait alors se retrouver avec une hypothèque à payer seul en attendant de pouvoir revendre la maison.

Parler de la maladie, de la mort et de leurs conséquences n'a rien de palpitant, cependant il est important d'y songer et de s'y préparer financièrement. Prenons un exemple récent : le décès du chanteur Prince. Saviez-vous qu'il n'avait pas rédigé de testament? Sa fortune et sa propriété intellectuelle sont donc à la merci de la justice, qui devra gérer son patrimoine et le distribuer aux bonnes personnes. Avec sept frères et sœurs et des enfants possibles qui se manifestent, c'est un vrai casse-tête.

Évidemment, on n'a pas besoin d'avoir la situation complexe et les millions de Prince pour penser à notre succession. Dès que nos actifs sont suffisamment importants et qu'on est dans une situation où des proches dépendent de nous financièrement (conjoint, enfants, etc.), le testament devient extrêmement utile.

Par exemple, mon copain et moi sommes conjoints de fait. Sans testament, qu'arriverait si un de nous deux avait un accident fatal? L’autre se retrouverait copropriétaire de la maison avec sa belle-famille! En plus, le reste des biens iraient à la famille et le conjoint n'aurait rien du tout, sinon quelques rentes accessibles aux conjoints non mariés.

Même les conjoints mariés devraient avoir un testament pour ce genre de situation. En effet, sans testament, l'époux n'est qu'un des héritiers de la succession et devra la partager avec les enfants ou d'autres membres de la famille.

On peut penser à plusieurs autres situations où on souhaite que certains de nos biens et placements aillent à une personne en particulier, plutôt que d'être séparés entre tous les héritiers. On peut vouloir assurer une qualité de vie à un proche, ou encore économiser de l'impôt. La seule manière de s'assurer que le patrimoine soit divisé comme on le souhaite est de mettre tout cela par écrit, en bonne et due forme, dans un testament.


Qu'est-ce qu'un testament, exactement?

Selon le Guide pratique sur les successions du magazine Protégez-vous, le testament est "le seul document officiel qui vous permet de choisir et de connaître la façon dont vous voulez que vos biens soient répartis à votre décès. Sans testament, ce sont les règles établies par le Code civil du Québec qui détermineront leur sort." (Référence)

C'est dans un testament qu'on retrouve, notamment :

  • Nos souhaits en termes d'arrangements funéraires
  • Nos souhaits en termes de dons d'organes et de tissus
  • L'identité du ou des liquidateurs testamentaires, qui seront responsables de gérer la succession et de la distribuer aux héritiers, ainsi que les détails de leurs tâches
  • La façon dont nos biens seront distribués parmi nos héritiers
  • La façon dont sera géré l'héritage d'un enfant jusqu'à sa majorité
  • Les alternatives en termes de liquidateurs ou d'héritiers au cas où ceux-ci refusent, sont absents, inaptes ou encore décédés

Un testament peut être rédigé à la main (olographe), être réalisé devant témoins ou encore être fait devant un notaire. Dans les deux premiers cas, il doit être validé en cour lors du décès alors que le testament notarié entre en fonction dès le décès. Il est donc avantageux de faire appel à un notaire, qui nous conseillera également sur le contenu du testament et qui s'assurera que toutes les considérations du Code civil soient respectées.

La démarche de base n'est pas complexe : pour une situation simple comme un couple sans enfant qui souhaite se nommer héritiers l'un l'autre, quelques questions suffisent.

Ça se complexifie quand on désire léguer certains biens à certaines personnes (legs particulier), lorsqu'on doit penser à la tutelle d'un enfant mineur ou encore lorsqu'on possède une entreprise. Encore une fois, l'aide d'un notaire est précieuse.


Et si je devenais inapte?

On peut être ou devenir inapte, de façon temporaire ou permanente, suite à toutes sortes de situations : un handicap mental, un accident vasculaire cérébral, un accident de la route, une maladie dégénérative... Les démarches pour mettre en application un mandat en cas d’inaptitude peuvent être parfois longues, d’où l’importance qu’il soit réfléchi et complet.

Le mandat en cas d'inaptitude peut être fait devant un notaire, un avocat ou devant des témoins. Il permet de nommer un adulte (le mandataire) qui pourra se charger de gérer nos biens et nos soins, advenant le cas où on ne puisse plus le faire soi-même. Cela peut donc couvrir plusieurs sphères de la vie, comme :

  • Nous assurer un hébergement adéquat
  • Nous assurer que nos besoins soient comblés (vêtements, hygiène, etc.)
  • Consentir à notre place à des soins de santé
  • Administrer nos revenus et rentes
  • Payer nos factures
  • Gérer nos placements

Le mandat permet également de nommer un tuteur pour des enfants mineurs (si l'autre parent n'est pas en mesure de le faire), ainsi qu'à donner des instructions sur la gestion des biens. Par exemple, on peut vouloir que l’argent de nos propres comptes serve à maintenir une qualité de vie à notre famille.


Combien ça coûte?

Un testament et un mandat en cas d'inaptitude qu'on rédige par nous-mêmes ne coûtent rien ou presque. Il existe également certaines trousses qui aider à les rédiger mais il faut être vigilant puisque ce sont des documents très génériques qui ne couvrent peut-être pas votre situation.

Dans notre cas, nous avons réalisé tous ces documents devant notaire. Ça nous a coûté environ 350$ par document. Ce n'est pas donné, mais au moins on a la certitude qu'ils ont été rédigés dans le respect du Code civil du Québec et qu'ils seront valides sans jugement d'un tribunal.


Références

Vous pouvez vous procurer le Guide pratique sur les successions en vous rendant sur le site Internet du magazine Protégez-vous. Il est disponible au coût de 12.95$.

Le site Internet d'Éducaloi contient une foule d'information sur les décès et les testaments, mais également sur tous les aspects juridiques dans nos vies.

Vous pouvez également consulter le site de la Chambre des notaires du Québec pour de plus amples informations et pour trouver un notaire.


mercredi 19 août 2015

Évitez les surprises : Vérifiez votre dossier de crédit

Imaginez : vous allez à la banque pour demander un prêt hypothécaire pour une jolie maison en banlieue qui vous a enchanté dès le premier coup d'oeil. Le conseiller vous demande vos informations, va voir dans votre dossier de crédit et puis...
- Désolé, on ne peut vous prêter, vous avez déjà quatre prêts hypothécaires, trois prêts-auto et des soldes impayés sur vos cartes de crédit.
- PARDON?!
Le vol d'identité est une réalité. À l'ère d'Internet et des réseaux sociaux, il est facile pour n'importe qui d'utiliser suffisamment d'informations personnelles pour contracter des dettes en votre nom. Une fois le pot aux roses découvert (ce qui peut prendre des années), vous avez alors à jongler avec les lettres de huissiers, les poursuites judiciaires, le spectre de la faillite qui rôde au-dessus de votre tête...

Sans tomber dans les extrêmes, des erreurs mineures peuvent aussi se glisser dans le dossier : des dettes qui n’ont pas été déclarées comme terminées, des habitudes de paiement inexactes ou encore les dettes de quelqu’un d’autre. Par exemple, un concessionnaire automobile qui ne ferme pas le dossier après un retour de location, tout en laissant un solde impayé.

Personne n'est à l'abri d'un oubli, d’une erreur ou d'une mésaventure. Il est par ailleurs généralement conseillé de consulter son dossier de crédit une fois par année.


Qu'est-ce que le dossier de crédit? 

C'est un compte-rendu de toutes vos activités de crédit des dernières années : les prêts consentis, les comptes chez des fournisseurs de services (par exemple, Telus), les cartes de crédit, etc. Chaque entrée rapporte notamment le montant du prêt, l'âge du compte ainsi que l'assiduité des remboursements.

Il existe deux compagnies qui tiennent à jour votre dossier de crédit, au Canada : Equifax et TransUnion. Il importe donc de consulter votre dossier chez chacune de ces compagnies pour y déceler les erreurs.

Chez Equifax, chaque type de crédit est représenté par une lettre :
  • I : Crédit à tempérament. Ce sont les prêts échelonnés sur un terme fixe pour lesquels vous remboursez un certain montant de façon périodique. Le prêt-auto et le financement de vos meubles sont des exemples de crédit à tempérament.
  • O : Crédit ouvert. Ces prêts incluent les marges de crédit, pour lesquels vous empruntez des fonds qui ne sont exigibles qu'à la fin d'une certaine période. Cela inclut également les prêts étudiants.
  • R : Crédit renouvelable. Ce sont des comptes dont les sommes empruntées doivent être remboursées de façon périodique, mais pour lesquels vous pouvez emprunter des montants variables jusqu'à concurrence de votre limite. La carte de crédit est un crédit renouvable.
  • M : Prêt hypothécaire.

Par la suite, votre performance est cotée de 1 à 9, selon si vous remboursez chacun de ces prêts dans les temps ou non. Plus le chiffre est élevé, plus vous accusez des retards.

Chez TransUnion, le rapport est un peu moins complexe et explique clairement l'état de chacun de vos comptes, avec une légende visuelle.

Vous pouvez voir un exemple de dossier de crédit en suivant les liens suivants :


Et le pointage de crédit?

C'est un système utilisé par les prêteurs pour évaluer numériquement votre dossier. Le pointage est un chiffre entre 300 et 900 : plus il est élevé, mieux c'est. Le taux d'intérêt qu'on vous accorde est généralement lié à ce pointage. Un long historique de crédit contribue à un pointage élevé. De plus, lorsqu'une nouvelle demande de crédit est effectuée, le pointage diminue.

Le pointage de crédit n'est pas un système sans faille. Les prêteurs peuvent utiliser leur propre système et les règles ne sont pas claires. Vaut mieux se concentrer sur le fait d'avoir un bon dossier et d'être un bon payeur. Le reste viendra tout seul.


Combien ça coûte pour obtenir son dossier?

Si vous allez sur le site d'Equifax et de Transunion, la première chose que vous verrez est qu'il en coûte certains frais pour obtenir son dossier et son pointage de crédit en ligne. On offre également des services de surveillance du crédit. Cependant, il existe une façon simple et gratuite d'obtenir son dossier de crédit : par le bon vieux courrier.

Voici les liens vers les formulaires à remplir pour obtenir son dossier de crédit gratuitement par la poste :

Avec chacun des formulaires vous devez fournir les photocopies (recto et verso) de deux pièces d'identité délivrées par le gouvernement. Mises ensemble, elles doivent fournir au minimum votre nom, votre date de naissance, votre adresse et votre signature.

Notez qu'il est également possible d'obtenir son dossier de crédit chez TransUnion par téléphone au 1 800 663-9980, option 2. Ça fonctionne bien, mais le système est un peu boiteux en français! Après avoir répondu aux questions, le dossier vous est envoyé par la poste.

Cela vaut la peine de prendre le temps, une fois par année, de faire les demandes nécessaires pour obtenir son dossier de crédit. Une fois le dossier en main, il est possible de faire corriger ou de contester certains renseignements. Il est toujours mieux de déceler les erreurs avant plutôt que pendant une rencontre à la banque pour acheter la maison de vos rêves!


Source d'informations complémentaires :

vendredi 29 août 2014

Le lecteur curieux : Millionaire Teacher de Andrew Hallam

J'inaugure aujourd'hui Le lecteur curieux, une série de billets dans laquelle je discuterai de mes lectures en finances personnelles et en investissements. Commençons par le livre qui a tout commencé pour moi...

J'avoue que tout ce dont je me rappelle de mes cours d'économie au secondaire, ce sont les cours de cuisine et de couture en secondaire 2, ainsi que quelques bribes des cours magistraux du secondaire 5. Je dois par contre me compter chanceux, parce que de nos jours ces cours n'existent même plus! Le cours d'économie du secondaire 5 a notamment été retiré du programme en 2009. Les jeunes n'apprennent donc plus les bases de l'épargne, du crédit, des placements... Dommage, parce que c'est quand on est jeune qu'il faut commencer à mettre la magie de l'intérêt composé de notre côté.


Bien au fait des lacunes du système scolaire au niveau de la gestion financière, l'enseignant au secondaire canadien Andrew Hallam a décidé de rédiger un livre qui regroupe neuf règles sur la richesse que tous auraient dû apprendre à l'école : Millionaire Teacher: The Nine Rules of Wealth You Should Have Learned in School. Ce sont les règles qu'il a appliquées et qui lui ont permis de devenir millionaire à 38 ans sur un salaire d'enseignant.

C'est un des premiers livres que j'ai lus quand j'ai commencé à m'intéresser à la finance personnelle et aux investissements. C'est un excellent point de départ. Le langage est simple et facile à comprendre, avec un style léger et humoristique. Ce livre comprend plusieurs exemples, anecdotes et histoires réelles. Malheureusement, il n'est disponible qu'en anglais.



D’après Andrew Hallam, les règles de la richesse s'énumèrent comme suit :

1. Dépensez comme si vous vouliez devenir riche

Quand on pense à quelqu'un de riche, on l'imagine avec une grande maison, plusieurs voitures sport et un valise toujours prête pour partir faire le tour du monde. Cependant, la vérité est souvent toute autre : on ne voit pas la double hypothèque sur la maison, les cartes de crédit remplies et le contrat de location de la voiture sport. Vous serez probablement étonnés d'apprendre que le prix médian payé pour une voiture par les millionnaires américains en 2009 était d'un peu plus de 30 000$ seulement. On est loin de la Ferrari!


2. Investissez le plus tôt possible - après avoir payé vos cartes de crédit et vos prêts à haut taux

J'ai déjà parlé de la magie des intérêts composés. Plus on commence tôt dans la vie, plus notre argent a le temps de croître. Par exemple, épargner 45$ par mois pendant 60 ans donne un portefeuille beaucoup plus imposant que d'épargner 800$ par mois pendant 25 ans.

Par contre, il ne fait aucun sens d'investir avant de s'être débarrassé de ses dettes à haut taux, comme les cartes de crédit. Pendant qu'on espère gagner 8% de rendement d'un côté, la banque nous ponctionne de 20% de l'autre!


3. Investissez dans des fonds indiciels à faible coût plutôt que dans des fonds gérés activement

Ici, Andrew Hallam rappelle les mérites de l'approche indicielle, qui consiste à investir dans des produits qui couvrent tout le marché boursier, plutôt que dans certaines compagnies seulement. On obtient alors assurément le rendement moyen des marchés au lieu d'avoir un rendement potentiellement supérieur mais incertain.

L'auteur explique également l'impact des différents frais et commissions qui sont chargés pour les fonds gérés activement. Tous ces frais viennent réduire d'autant notre rendement, mais mettre plus d'argent dans les poches des gens qui vendent ces fonds.


4. Apprenez à connaître la psychologie des marchés, pour ne pas tomber dans le piège de vos émotions

Le multimilliardaire Warren Buffett, PDG de la compagnie d’investissements Berkshire Hathaway, a écrit à ses actionnaires dans une lettre en 2004 :
[Les investisseurs] devraient essayer d'être peureux quand les autres sont cupides, et cupides lorsque les autres sont peureux." - Warren Buffett (traduction libre)
Par ces mots, Buffett voulait dire qu’il est facile de se laisser emporter par l'enthousiasme ou la peur lorsque les marchés ont des hausses ou des baisses marquées. Le meilleur moment pour acheter, c’est quand tout le monde a peur d’acheter : les prix sont alors plus bas et les promesses de rendement plus élevées. L’inverse est vrai pour la vente : quand les gens sont enthousiastes, ils sont prêts à payer cher et on peut alors réaliser un bon profit en étant leur vendeur.


5. Montez un portefeuille diversifié d'actions et d'obligations qui battera la majorité des experts sans effort

Un portefeuille bien géré comprend des placements qui n’ont qu’un faible lien entre eux ou qui évoluent dans des sens contraires. C’est le cas des actions et des obligations : généralement, quand les actions vont mal, les gens se réfugient en achetant des obligations. La loi de l’offre et de la demande fait baisser la valeur d’une catégorie et fait monter la valeur de l’autre.

L’idée de la diversification est de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Cela réduit les variations à court terme dans la valeur de notre portefeuille (volatilité). On assigne alors un pourcentage de notre argent aux actions et le reste aux obligations. Par une méthode qu’on appelle rééquilibrage, si jamais l’une des catégories devient trop importante par rapport à l’autre, l’investisseur pourra alors ramener les proportions au niveau initial en vendant ce qui a monté ou en achetant davantage de ce qui a baissé. Aucune émotion n’est mise en jeu ici : c’est simplement mathématique.


6. Construisez votre portefeuille de fonds indiciels adaptés à votre situation géographique

Andrew Hallam est un enseignant canadien qui travaille maintenant au Singapour. Il est donc au courant des différences qui existent entre les pays au niveau des produits financiers. Il nous apprend que le Canada est le pays où on paie le plus cher pour ces produits, alors que les Américains ont la chance d’avoir accès de fonds indiciels à très faible coût.

Le livre a été écrit en 2011, avant qu’une certaine guerre de prix ne débute au Canada, mais ses conseils ne sont pas moins valides. Il suggère de répartir ses actifs entre des actions canadiennes, des actions américaines, des actions internationales et des obligations canadiennes. L’idée est de garder la majorité de son portefeuille dans la monnaie que l’on utilise tous les jours, tout en s’exposant à tous les marchés du monde.


7. Apprenez à contrecarrer la rhétorique des vendeurs de produits financiers

Bien sûr, les fonds communs gérés activement sont le pain et le beurre de la majorité des planificateurs financiers qui travaillent à commission. Il est alors compréhensible qu’une réticence pourrait être rencontrée si un investisseur veut transférer à des fonds indiciels à faible coût.

Par exemple, le conseiller tentera probablement de convaincre son client qu’une telle approche est risquée car les fonds gérés activement ne mettent jamais leurs oeufs dans le même panier et sont capables de réagir aux soubresauts des marchés. C’est bien beau en théorie, mais en pratique il est impossible de prédir la direction que prendront les marchés et, qui plus est, une gestion active coûte cher.


8. Évitez les arnaques et les structures pyramidales

Cela peut paraître évident dit comme cela. Cependant, bien des gens tombent dans le panneau lorsqu'ils se font promettre des rendements élevés pour peu d'efforts. Souvent, on voit son entourage gagner beaucoup d'argent dans de telles entreprises et on est portés à les suivre. Parlez-en aux investisseurs qui ont fait confiance à Vincent Lacroix ou à Earl Jones : si c'est trop beau pour être vrai, c'est que c'est peut-être le cas, méfiez-vous.


9. Si vous devez absolument investir directement dans des compagnies, faites-le avec une petite partie de vos avoirs et suivez des mentors comme Warren Buffet

Malgré tout, le goût du risque et l'appât du gain sont souvent trop forts chez certaines personnes qui voudront tenter leur chance à investir dans des compagnies directement. Il est possible qu'ils fassent un bon coup, bien entendu. Cependant, sans une approche rationnelle et logique, il devient pratiquement impossible de dénicher les aubaines. Aussi, pour éviter que nos choix sabordent nos plans de retraite ou nos autres objectifs financiers, seule une portion restreinte de nos avoirs devrait être dédié à ce genre de placements.

L'auteur suggère de se fier à l'approche de Warren Buffett. Avant d'acheter des actions d'une compagnie, il faut faire ses devoirs et analyser la rentabilité et le potentiel de croissance. C'est seulement lorsqu'on est convaincu de vouloir être actionnaire pendant une longue période qu'on devrait penser à se lancer.


En résumé, Millionaire Teacher est un livre qu'il faut absolument compter dans sa bibliothèque. C'est le point de départ idéal pour les débutants en placements, mais également un bon rappel des réalités pour ceux qui ont plus d'expérience dans le domaine. Écrites d'une façon claire, concise et agréable, les leçons du professeur millionnaire sont celles qui nous suivront toute notre vie.


Note : Ce billet concerne la première édition du livre, mais une seconde édition à jour est sortie le 4 janvier 2017.




samedi 9 août 2014

La gestion des finances d'un couple


L'argent est souvent cité comme étant une source de conflit importante dans un couple. L’éducation et l’expérience de vie de chacun influençant sa vision, parvenir à une technique efficace qui plaira au deux est une tâche qui requiert de la communication et de la confiance.

Voici quelques idées de procédés qui peuvent être utilisés.


1. Mettre tout en commun

Il s'agit de prendre les revenus des deux personnes du couple et de les mettre ensemble dans le même compte conjoint. De là, toutes les factures et toutes les dépenses (communes ou non) sont déduites. En résumé, "tout ce qui est à toi est à moi".

La méthode comporte un avantage majeur, celui d'être très simple à implanter et à superviser. Il est facile de faire un suivi des dépenses ainsi qu'un budget.

Il y a cependant plusieurs désavantages. Si un des deux conjoints est un grand dépensier et l'autre un économe, cela peut causer des frictions. Aussi, toute dépense personnelle est faite au vu et au su de l'autre. Il y a également certaines dépenses qui devraient rester personnelles, comme le paiement de dettes qui n'ont pas été contractées en commun. On doit donc s’entendre d’avance sur ce qui fera partie du budget commun et du budget personnel à chacun.


2. Mettre tout en commun mais avec une "allocation" personnelle

C'est une variante du principe précédent. Les revenus et les dépenses communes arrivent et partent du même compte, mais chaque conjoint dispose d'un certain montant pour ses dépenses personnelles. Il peut alors gérer ce montant comme il le souhaite, sans avoir à rendre de comptes à l'autre.

Cette méthode comporte l'avantage de laisser une liberté à chacun des conjoints, tout en s'assurant que les dépenses communes soient couvertes. On voit par contre le nombre de comptes (chèque et épargne) augmenter, ce qui peut être difficile à suivre pour certains. Il est important également de déterminer quelle sera la contribution de chacun aux dépenses communes. Vaut-il mieux séparer les dépenses par type ou par montant?


3. Séparer les types de dépenses

On peut choisir, par exemple, qu'un des conjoints se charge de payer l'épicerie, alors que l'autre paie le câble et l'électricité. Chacune des dépenses est assignée à un des conjoints, d'une manière plus ou moins équitable.

Assez simple à implémenter, cette méthode est cependant très sensible aux changements dans la vie des deux partenaires. Par exemple, l'arrivée d'un enfant : lorsqu'un des deux parents prend son congé pour s'occuper de l'enfant, est-ce que l'autre prend en charge sa part des dépenses? Également, si un des conjoints s'occupe des dépenses variables, il peut avoir plus de difficulté à respecter son budget. Dans ces cas, il vaut probablement mieux séparer les montants plutôt que les types de dépenses.


4. Séparer les dépenses 50/50

Avec cette méthode, on coupe la poire directement dans le milieu. Toutes les dépenses sont divisées également entre les conjoints.

La caractère équitable de cette façon de faire est à la fois son avantage et son inconvénient. Si les revenus sont les mêmes, tout est parfait. Cependant, si un des deux partenaires gagne plus que l'autre, ou encore s'il perd son emploi ou retourne aux études, le procédé n'est plus du tout équitable. Dans cette situation, un peu plus de flexibilité peut s’avérer nécessaire.


5. Séparer les dépenses selon un pourcentage

Pour palier à la méthode précédente, on peut choisir de séparer les dépenses en fonction des revenus de chacun. Si le conjoint 1 gagne le double du salaire du conjoint 2, alors séparer les dépenses 2/3 - 1/3 pourrait être plus juste. Lorsque les dépenses communes sont couvertes, le reste des revenus est à la disposition de chacun.

L'avantage est donc que chacun contribue aux finances du couple en fonction de son revenu. Le problème, c'est avec ce qui reste. Voici un exemple :

  • Le conjoint 1 gagne 4000$ par mois et le conjoint 2, 2000$ par mois
  • Les dépenses totales d'un mois donné s'élèvent à 3000$
  • Puisqu'on a séparé 2/3 - 1/3, les conjoints contribuent respectivement 2000$ et 1000$
  • Il reste donc 2000$ dans les poches du premier et 1000$ celles du second

Ainsi, le conjoint qui gagne plus cher est également celui qui est capable d'économiser le plus ce qui lui reste à la fin du mois.

Un autre désavantage majeur est lorsqu'un des conjoints a un salaire variable, soit à cause de son type de travail ou alors parce qu'il décide de changer d'emploi ou de retourner aux études. Faire le suivi des pourcentages devient alors très ardu.


Conclusion

Peu importe le choix effectué, assurez-vous que vous êtes tous les deux à l'aise avec la décision. Il n'y aucune règle qui dit qu'on ne peut adapter notre façon de faire au fil du temps. Bien au contraire, il peut être avantageux d'y apporter des modifications selon les étapes de la vie de couple.

Et vous, comment procédez-vous dans votre couple? De quels bons et mauvais côtés faites-vous l’expérience?

lundi 2 décembre 2013

Métaphore hivernale pour payer ses dettes

L'hiver est officiellement commencé : il fait un froid de canard, il y a de la glace sur tous les trottoirs et la neige tombe allègrement. Les amateurs de sports d'hiver astiquent déjà leurs skis et les patins et les autres planifient leur fuite vers le Sud pour aller voir le soleil là où il fait plus chaud. Noël arrive également, et si vous avez commencé à rédiger un journal de dépenses, il est possible qu'il se remplisse rapidement dans les prochaines semaines.

L'hiver est également la métaphore idéale pour illustrer deux méthodes de paiement des dettes : l'avalanche et la boule de neige. Dans l'esprit du niveau 1 du programme My Money My Choices, nous verrons pourquoi et comment rédiger un plan de remboursement des dettes, afin qu'on ne se sente pas coincé comme si on avait les pieds pris dans la glace!

Quand le minimum ne suffit pas

Avez-vous déjà regardé le paiement minimal requis sur votre facture de carte de crédit? Si je regarde la mienne, pour le mois dernier, il est écrit qu'avec un paiement minimal de 38$ par mois, j'aurai fini de rembourser mon solde dans 25 ans et 6 mois. Pour un solde d'environ 3800$, j'aurai alors dépensé 11 628$... mais attendez, quelque chose cloche.

En fait, avec un taux d'intérêt annuel de 20%, les intérêts mensuels sur un solde de 3800$ sont de presque 64$(1). L'estimation est donc fausse : avec 38$ par mois, je ne rembourserai JAMAIS ma carte de crédit parce que je ne rembourserai jamais de capital. Le montant minimum requis devrait être supérieur à 64$, pour couvrir les intérêts et une partie du capital. (MISE À JOUR : Voyez mon commentaire plus bas pour vous prouver que je peux faire des niaiseries en maths moi aussi!)

Il est évidemment fortement recommandé de payer le solde de sa carte de crédit en entier à chaque mois. Cependant, pour les gens ayant accumulé un solde, un calcul approximatif permet de savoir combien il faut payer par mois pour rembourser le solde en un temps donné.

Disons que je souhaite me débarrasser de ma dette de 3800$ en deux ans (24 mois). La première étape serait d'arrêter d'utiliser ma carte pour ne plus augmenter le solde. Ensuite, il faut calculer les paiements (capital et intérêts) à effectuer chaque mois. Pour le capital seulement, je devrais débourser 159$ par mois(2). En ajoutant les intérêts de 64$, on parle d'un paiement total de 223$ par mois. Puisque le calcul est approximatif, un tel paiement me permettrait dans les faits de rembourser en moins de deux ans parce que les intérêts sont moins importants vers la fin de la période.

Avalanche ou boule de neige? Tout dépend de la motivation

Avoir une multitude de créanciers peut être démotivant : la carte de crédit, la marge de crédit, l'autre carte de crédit qu'on avait prise pour payer la première, la carte de magasin, l'auto, la maison... Difficile de s'y retrouver quand on a perdu le contrôle. Heureusement, avec de la planification, il est possible d'y arriver sans déraper.

Il existe plusieurs techniques de remboursement de dettes, mais en voici deux :
  1. La méthode Avalanche : Payer ses dettes du plus grand taux d'intérêt au plus petit.
  2. La méthode Boule de neige : Payer ses dettes du plus petit solde au plus grand.


La méthode Avalanche est la plus sensée mathématiquement car on s'attaque en premier aux soldes qui montent le plus vite à cause des taux d'intérêt plus élevés. On y arrive en priorisant les dettes par ordre décroissant de taux d'intérêt, en payant le minimum requis chaque mois et en redirigeant tout l'argent qu'on peut se permettre vers les dettes avec le taux le plus élevé. C'est cependant une méthode un peu moins motivante, puisque les dettes aux taux élevés pourraient être plus longues à rembourser.


La méthode Boule de neige(3) est davantage axée sur la motivation. En classant les dettes par ordre croissant de solde, on se retrouve à éliminer le nombre de créditeurs plus rapidement, ce qui peut être un avantage sur notre comportement. On y arrive donc en faisant le paiement minimal sur toutes les dettes et en redirigeant notre argent disponible vers les plus petits soldes.



Appliquons maintenant ces deux techniques en utilisant le site web Unbury.me, qui permet de comparer les deux méthodes en effectuant un calcul exact sur un ensemble de dettes différentes. Supposons que j'ai les dettes suivantes :
  • Carte A : 350$ à 11% d'intérêt (paiement minimal 20$)
  • Carte B : 900$ à 6% d'intérêt (paiement minimal 35$)
  • Carte C : 2000$ à 20% d'intérêt (paiement minimal 100$)
  • Carte D : 5600$ à 9% d'intérêt (paiement minimal 180$)

Je dois débourser 335$ par mois seulement pour parvenir à faire les paiements minimaux. À ce rythme et à partir d'aujourd'hui, je serai libéré des dettes en février ou mars 2016. Supposons que je dispose de 500$ par mois au total pour le paiement de mes dettes. Le calculateur me donne les résultats suivants :
  1. Avalanche : Mes cartes A et C sont payées en juillet 2014, ma carte D en avril 2015 et ma carte B en mai 2015. J'aurai alors payé un total de 722.26$ en intérêts.
  2. Boule de neige : Ma carte A est éliminée tout de suite en décembre 2013, ma carte B en avril 2014, ma carte C en septembre 2014 et ma carte D en avril 2015. J'aurai alors payé un total de 755.40$ en intérêts.

À vous de juger maintenant : qu'est-ce qui fonctionnerait le mieux pour vous? Est-ce l'économie d'argent à long terme ou alors la satisfaction de voir vos cartes être remboursées l'une après l'autre?

Et je le trouve où, cet argent?

C'est bien beau se dire qu'on va se débarrasser de nos dettes d'ici disons trois ans, il faut un plan pour y arriver. C'est pourquoi, une fois le montant nécessaire déterminé, il faut passer à l'étape du budget. Mais avant, y'a-t-il quelque chose qu'on puisse faire pour aider à démarrer?  Voici quelques suggestions :

  • Vous pouvez réévaluer vos besoins en services de toutes sortes, par exemple laisser tomber les 500 chaînes de télé pour un nombre que vous écoutez réellement, renégocier votre forfait sans-fil ou réduire les visites au restaurant.
  • Vous pouvez également faire un grand ménage du sous-sol et en sortir plein d'articles dont vous ne vous servez plus et qui pourraient vous rapporter quelques sous sur Kijiji, sur eBay, dans une vente de garage...
  • Lorsque vous achetez un produit en solde, prenez ce que vous avez économisé et appliquez-le directement sur vos dettes. Vous serez moins tenté d'acheter davantage pour compenser!
  • Faites plus d'argent. Trouvez-vous un second emploi à temps partiel ou encore mettez à profit vos talents et habiletés (design web, couture, réparation d'ordinateurs, traduction, etc.) pour vous apporter un revenu d'appoint.

Se libérer du fardeau de ses dettes, c'est comme pelleter après une bonne bordée de neige : ce n'est pas très tentant, ça demande des efforts, mais on est ô combien satisfaits quand l'allée est libre!


Notes

(1) 3800$ x (20$ / 12 mois) = 64$
(2) 3800$ / 24 mois = 159$
(3) Méthode popularisée par l'expert financier américain Dave Ramsey

Ressources

The Calculator Site, section Finance http://www.thecalculatorsite.com/finance/
Unbury.me pour les méthodes Avalanche et Snowball http://unbury.me/ 

mercredi 20 novembre 2013

Mais où va tout mon argent?

Lorsque vient le temps d'estimer nos dépenses, il est fréquent de sous-estimer le montant. On se demande alors "Mais comment se fait-il que mon compte de banque est à sec? Cet argent-là doit bien aller quelque part!"

Quand on additionne les cafés et le muffin du matin, les bouteilles de jus et les billets de loterie au dépanneur, les dîners rapides au resto avec les collègues, les visites au supermarché pour le souper du jour, les parcomètres... pas étonnant qu'on passe notre temps à aller au guichet pour remplir son portefeuille. L'effet est encore plus marquant quand on a l'habitude d'utiliser sa carte de crédit, car c'est de l'argent qu'on ne voit pas.

La meilleure façon d'avoir un portrait réaliste de la situation, c'est de tenir un journal de dépenses. C'est la première étape dans le programme My Money My Choices et pour une bonne raison : en sachant où notre argent va et pourquoi, on sera en mesure de contrôler les entrées et les sorties et de réaliser un budget.

L'exercice a un effet additionnel : devoir rendre des comptes à soi-même et, le cas échéant, à son conjoint, permet de développer un sens des responsabilités. 

La méthode employée pour réaliser un journal de dépenses a peu d'importance : si vous voulez vous acheter un beau grand cahier, utiliser un logiciel de tableur numérique (Excel, Google Docs) ou encore une application iOS ou Android, libre à vous. L'important, c'est de noter au minimum les trois informations suivantes :
  • La date
  • La nature de la dépense ou de l'entrée d'argent
  • Le montant

Chaque jour, collectez les différents reçus pour vos dépenses, que ce soit comptant ou par carte de débit ou de crédit. Le soir venu, complétez votre journal avec ces nouvelles informations. Accessoirement, vous pouvez décider de classer vos dépenses par catégories, par exemple : Épicerie, Auto, Maison, Vacances, Sorties... Vous pouvez également transformer votre journal de dépenses en grand cahier et suivre pas à pas le solde de vos comptes-chèques. Un exemple (tiré du blog de Gail) :



Après avoir fait cet exercice pendant une période plus ou moins prolongée (disons, un mois ou deux), vous serez en mesure d'avoir un portrait fidèle de vos habitudes de consommation. Nous faisons l'exercice à la maison depuis juillet dernier et je peux vous dire que nos sorties au restaurant sont beaucoup plus sporadiques depuis!

lundi 11 novembre 2013

Utiliser son REÉR pour les études ou pour une maison

Le principal objectif du REÉR est d'économiser pour la retraite. Cependant, le gouvernement a tenu bon de créer deux régimes dérivés qui permettent d'emprunter à son propre REÉR, sans payer d'impôt, pour l'acquisition d'une première résidence ou encore pour entreprendre des études à temps plein.



a) Le régime d'accession à la propriété (RAP)

Depuis janvier 2009 il est possible d'emprunter jusqu'à 25 000$ de son REÉR lors de l'achat ou la construction d'une première maison. L'acquisition doit avoir lieu au plus tard le 1er octobre de l'année civile qui suit le retrait. Par la suite, après deux ans de grâce, le contribuable doit rembourser la somme remboursée sur 15 ans, sans intérêts. Dans le cas contraire, le montant dû pour l'année s'ajoute au revenu de la personne et devient imposable. Les droits de cotisations équivalents sont alors perdus.

Pour être admissible, l'acheteur ne doit pas avoir possédé de maison au cours des cinq années civiles avant la date du retrait. Un couple peut retirer un maximum de 50 000$ (25 000$ par conjoint), pourvu que les deux personnes deviennent conjointement propriétaires de la maison.

Pour pouvoir être "rappées", les contributions au REÉR doivent avoir été effectuées plus de 90 jours avant la date du retrait. Ce détail est particulièrement important lorsque l'acheteur effectue un prêt REÉR pour cotiser avant de "rapper". C'est une stratégie très populaire, surtout chez les jeunes couples qui veulent augmenter leur mise de fonds initiale. Le coût du prêt REÉR s'ajoute alors à celui du RAP et de l'hypothèque ainsi qu'aux divers coûts inhérents à l'acquisition d'une maison (taxes, rénovations, entretiens, imprévus...) Dans la mesure où ces coûts sont bien connus, cela peut devenir une stratégie intéressante.

Une alternative intéressante est le CÉLI-RAP. Voici l’exemple de Patrick et Stéphanie, qui montre les diverses façons d’utiliser le CÉLI, le REÉR et le RAP pour donner un coup de pouce à la mise de fonds :
Patrick et Stéphanie veulent s’acheter une maison dans cinq ans. Présentement, ils n’ont aucun montant dans leurs REÉR ni dans leurs CÉLI. Patrick travaille à temps plein mais son taux d’imposition actuel est faible, ce qui fait en sorte que l’utilisation du CÉLI est préférable. De son côté, Stéphanie est aux études et travaille à temps partiel. Elle s’attend à décrocher un emploi bien payé dans son domaine dans deux ans. Elle souhaite alors épargner 10 000$ par année.
Patrick a déjà 7000$ de côté et veut épargner 3000$ par année. En janvier 2014, il investit donc 7000$ dans un fonds équilibré prudent CÉLI qui lui rapportera en moyenne 5% par année. À chaque mois de janvier, il déposera 3000$ de plus dans le fonds. À la fin de la cinquième année (décembre 2018), il se retrouvera avec 25 511$, dont 6511$ en gains non imposables. À l’approche de la date du dépôt de sa mise de fonds sur la maison (mais avec plus de 90 jours de marge de manoeuvre) il retirera 25 000$ des épargnes de son CÉLI et les déposera dans un compte-d’épargne REÉR. Ayant maintenant un taux d’imposition de 38%, il récupèrera 25 000 x 38% = 9500$ en retour d’impôts.
Lorsqu’elle s’est trouvé un emploi dans son domaine, Stéphanie a également investi dans un fonds équilibré à l’intérieur de son REÉR, à raison de deux fois 10 000$ (en janvier 2017 et janvier 2018). Avec ses retours d’impôts de 3800$ chaque année, elle a contribué à son CÉLI dans le même fonds équilibré. En décembre 2018 elle se retrouve donc avec 21 525$ dans son REÉR et 8180$ dans son CÉLI.
Voici donc le résultat, juste avant de déposer la mise de fonds pour la maison :

S’ils décident de “rapper” le montant total de leurs REÉR, Patrick et Stéphanie disposeront de 64 716$ pour la mise de fonds, pour seulement 39 000$ d’économie. Pas mal!
Ils devront cependant rembourser leurs REÉR sur 15 ans, mais à un taux d’intérêt nul, ce qui est mieux que de rajouter l’équivalent à la valeur de l’hypothèque. Ils auront peut-être même pu éviter les coûts de l’assurance-prêt de la SCHL!

b) Le régime d'encouragement à l'éducation permanente (REÉP)


Pour favoriser le retour aux études postsecondaires, le gouvernement fédéral a mis en place le REÉP en 1999.  Le principe du REÉP est le même que celui du RAP, en ce sens qu'il permet d'emprunter jusqu'à 10 000$ par année, pour un maximum de 20 000$ en quatre ans, afin de suivre une formation ou de retourner aux études à temps plein. Le régime peut s'appliquer pour soi-même ou pour un conjoint. Pour un couple, c'est donc un maximum de 40 000$ sur quatre ans qui peut être utilisé.

Le remboursement des sommes empruntées se fait sur une période maximale de 10 ans, en versement égaux. Il débute à la plus rapprochée de ces deux dates : la deuxième année suivant la dernière année d'inscription à un programme de formation admissible; la cinquième année suivant l’année du premier retrait.

Un contribuable peut profiter de ce régime autant de fois qu'il le désire, à condition d'avoir remboursé entièrement le solde des retraits précédents.


Est-ce une bonne idée?

Le but du REÉR est d'épargner en vue de la retraite. Est-il ainsi valable de puiser dans ce régime pour financer d'autres projets?

Il existe un "coût d'opportunité" à l'utilisation du RAP et du REÉP. En effet, puisque les sommes ne sont plus présentes dans le REÉR, elles ne croissent plus à l'abri de l'impôt et le processus d'intérêt composé est ralenti. Cependant, considérant que cette manoeuvre permet l'acquisition d'un actif pouvant prendre de la valeur avec le temps et permettant d'avoir un toit sur la tête ou alors d'un niveau d'éducation supérieure pouvant améliorer ses conditions de travail, cela peut en valoir le "coût"!

Il faut également considérer que ce n'est pas nécessairement l'emprunt au REÉR qui peut nuire à notre planification vers l'indépendance financière, mais bien le projet lui-même. Sans RAP ou REÉP, le projet serait davantage financé par un emprunt (hypothèque ou prêt étudiant) dont les intérêts auront un impact négatif sur la retraite. Il est préférable d'évaluer (ou de faire évaluer par un planificateur financier) la possibilité du projet dans nos conditions financières actuelles. Une fois le projet validé, il s'agira de trouver la manière la plus efficace de le financer.

mercredi 23 octobre 2013

Prendre en main ses finances en 23 étapes


(*Littératie financière : le fait de disposer des connaissances, des compétences et de la confiance en soi nécessaires pour prendre des décisions financières responsables.)

Le Groupe de travail sur la littératie financière (GTLF) a été formé en 2009 par le gouvernement fédéral dans le cadre de son Plan d'action économique. Son mandat était de fournir des avis et des recommandations au gouvernement sur une stratégie nationale visant à éduquer les Canadiens et Canadiennes en termes de finances personnelles. Le GTLF a déposé son rapport au début de 2011...

... et depuis, pas grand chose. Le site web du GTLF n'est même plus mis à jour et a été archivé. La seule recommandation mise à exécution à ce jour est l'établissement des lois pour nommer éventuellement un chef au développement de la littératie financière. Le processus de sélection de cette personne n'est même pas encore déterminé. (Source)

C'est l'Agence de la consommation en matière financière du Canada qui a actuellement la responsabilité de faire la promotion du mois de la littératie financière et de recenser les activités qui y sont associées. À ce jour, son calendrier n'est pas très garni, avec seulement 29 événements prévus, dont six au Québec.

En réponse à l'inaction du gouvernement en la matière, l'auteure financière et personnalité télévisuelle au Canada anglais Gail Vaz-Oxlade lancera le 1er novembre 2013 son programme "My Money My Choices" (Mon argent, mes choix). Si vous voulez une idée de la personnalité de Gail, pensez "Super Nanny des finances" : franche, directe, sans détour mais toujours pleine de bon sens.

Gail Vaz-Oxlade

Sorte de "structure pyramidale" de l'éducation financière, le programme en 23 étapes sera élaboré sur le modèle du "Apprends et enseigne". À mesure que les nouveaux arrivants dans le programme maîtriseront les étapes une à une, ils seront appelés à transmettre leurs connaissances à d'autres. Les étudiants du programme sont ainsi invités à former des groupes dans leur communauté, que ce soit au travail, à l'école, entre amis, dans les loisirs, et ainsi de suite.

Peu de détails ont été dévoilés à ce jour sur le programme, qui sera lancé officiellement le 1er novembre 2013 via le site internet mymoneymychoices.com (en anglais). Ce que je sais, c'est que le Niveau 1 du programme serait le plus ardu! Dans cette étape, nous devrions produire un rapport des dépenses effectuées au jour le jour, sur une certaine période, question de voir nos habitudes de consommation. Cette étape sera cruciale pour la suite des choses, parce que sans savoir où va notre argent, il est difficile de modifier ses comportements. C'est souvent la raison pour laquelle on se dit que les budgets, ça ne fonctionne jamais : si les montants sortent d'un chapeau plutôt que d'une analyse basée sur la réalité, un budget n'aura pas beaucoup de sens.

Suite à l’analyse des dépenses, les gens pourront poursuivre avec un plan de remboursement des dettes. Il sera également question d’établir un budget sensé et de réaliser une évaluation de ses actifs et passifs. Puisque le programme se veut communautaire, il est réfléchi pour que les gens moins férus en mathématiques puissent compter sur l’aide de leurs pairs.

Si reprendre en mains vos finances vous intéresse, si vous voulez transmettre à d'autres vos découvertes ou tout simplement parfaire vos connaissances, le programme "My Money My Choices" est pour vous. C'est tout à fait gratuit, soit dit en passant. Les gens intéressés à passer le mot et à s'impliquer dans leur communauté peuvent s'inscrire au mymoneymychoices@gmail.com ou tout simplement se rendre sur le site internet du programme à partir du 1er novembre.

Vous pouvez également suivre Gail Vaz-Oxlade sur son site internet, sur Facebook et sur Twitter. Recherchez le mot-clic #MyMoneyMyChoices.

Je vous laisse sur les mots de Gail, qui sont d'ailleurs un bon exemple de son style coup-de-poing :

There is no magic to money management. It’s not rocket-science, it’s discipline. And you can choose to put up with the yuck of having to track your spending and stay on budget, or you can whine and moan, suffering the regret that comes from not doing the discipline.
If you’re ready to stop looking for the easy way out, stop ignoring your day-to-day money behaviour, stop over-reacting to the news on our economy, good or bad, then it’s time to journey to a better place. The only way to feel safe – to be safe – is to build a strong personal economy. That means dotting all your Is and crossing all your Ts.
If we don’t take control of our own financial literacy, we’ll continue being like fish in a barrel. Not a nice picture, is it?

lundi 8 juillet 2013

L'indépendance financière

Dans son livre Findependence Day (1), l’éditeur en chef de la revue MoneySense et journaliste économique Jonathan Chevreau parle d’indépendance financière (ou « findépendance ») comme étant une première retraite. À partir de ce moment, les revenus que nous rapportent nos investissements auront dépassé ceux que nous rapporte notre travail. Continuer à travailler devient alors un choix plutôt qu’une obligation. Le moment de la seconde retraite, ou retraite complète, est également un choix conscient qui permet dès lors de vivre les années qui suivent sans crainte de perdre de sa qualité de vie.

La qualité de vie, c’est le niveau de satisfaction que nous retirons quand nous comblons nos besoins physiologiques, sociologiques et psychologiques. (Vous rappelez-vous de la pyramide des besoins de Maslow?) Des dépenses sont souvent associées à ces besoins : on parle du coût de la vie. Comme la satisfaction de ces besoins passe notamment par l’achat de produits et de services, le budget est un outil privilégié pour gérer nos comportements financiers..

Je n’ai pas encore fixé de date précise à ma « Journée de la findépendance », mais je sens que je suis sur la bonne voie.

Le chemin vers l’indépendance financière


Être indépendant financièrement, pour certains, c’est conduire une voiture sport, vivre dans un château ou encore voyager partout dans le monde. Pour d’autres, c’est plutôt être en mesure de s’assurer une qualité de vie satisfaisante à court, à moyen et à long terme, sans pour autant posséder le compte de banque de Picsou.

Pour prendre en charge mes finances et m’engager vers l’indépendance financière, j’ai ainsi regardé deux choses : les revenus dont je dispose (ma capacité financière) ainsi que la façon dont je gère ces revenus (ma performance financière).

Mes revenus comprennent ce que je gagne comme salaire ainsi que ce que mes investissements rapportent. Ces revenus devraient être suffisamment stables pour permettre des estimations fiables.

Pour bien gérer ses revenus, il faut penser à deux choses : dépenser intelligemment et investir sagement. Dépenser de manière éclairée ne veut pas dire être « cheap » : c’est plutôt savoir dépenser. Dans le même ordre d’idées, investir n’est pas une course aux plus gros bénéfices. On doit plutôt viser des rendements raisonnables et plus sûrs plutôt que des rendements élevés mais trop risqués.

Pour atteindre l’indépendance financière, j’aurai donc deux grandes étapes à franchir (2) :
  1. Me débarrasser de toutes mes dettes personnelles tout en maintenant ma qualité de vie.
  • C’est un objectif généralement planifié à moyen terme, soit sur environ cinq ans.
  • Dans mon cas, j’ai déjà pu éliminer mes prêts étudiants. L’achat d’une voiture pourra être parmi ces dettes à éliminer à court ou moyen terme. Une hypothèque est généralement acceptable à cette étape puisque son paiement est échelonné sur le long terme.
  1. Réussir à accumuler suffisamment d’argent pour pouvoir prendre une préretraite ou une retraite complète tout en maintenant ma qualité de vie.
  • C’est un objectif généralement planifié à long terme, sur une période de 15 à 30 ans.
  • De mon côté, j’ai commencé à contribuer à mon régime de retraite au travail. J’ai aussi mon CÉLI, mon REÉR et quelques investissements hors régime.

Suggestion de lecture

J’en profite pour faire de Findependence Day une suggestion de lecture à la fois éducative et divertissante. En effet, l’auteur a choisi la forme du roman pour véhiculer ses conseils financiers. On y suit l’histoire de Jamie Morelli, un adepte de disques vinyles de 28 ans qui, après avoir été humilié à la télé nationale dans un talk-show sur les gens criblés de dettes, décide de prendre sa vie financière en mai. Il fixe alors son « Jour de findépendance » au jour de ses 50 ans. Sa femme Sheena est cependant un peu moins déterminée à suivre son mari dans le style de vie austère qu’il veut s’imposer. Jamie sera également confronté au monde excitant mais risqué du marché boursier et des compagnies en démarrage, qui viendront mettre en péril ses objectifs.

L’auteur aborde ainsi plusieurs facettes de la finance personnelle et des investissements, tout en gardant un ton léger et accrocheur. L’intrigue amoureuse s’entremêle ainsi habilement avec les conseils sur la frugalité et les REÉR, le drame économique avec la planification d’un portefeuille de placements, le tout avec humour.

La première édition canadienne du livre est disponible sur le site Internet de son auteur ainsi que sur Amazon.ca.  Une édition révisée est à venir.

(1) CHEVREAU, Jonathan. (2008). Findependence Day : One Couple's Turbulent Journey to Financial Independence. Toronto, Power Publishers Inc., 188 pages
(2) PLAMONDON, Rolland G. et SAUVÉ, Pierre. (2012). « La démarche professionnelle en planification financière personnelle : une activité stratégique d’intégration », dans Rolland G. Plamondon et Pierre Sauvé (dir.), La planification financière personnelle : une approche globale et intégrée, 6e édition, Montréal, Chenelière Éducation inc., p. 32.


lundi 1 juillet 2013

Bilan de départ - Juillet 2013

Je vais effectuer un rapide tour d'horizon des différents comptes et véhicules d'investissement que je possède, question de vous familiariser avec certains qui sont plus méconnus.


ACTIFS

Comptant

  • Comptes-chèques : Tout le monde en a un pour ses transactions courantes et pour les rares chèques qu'on a encore besoin de produire. Les taux d'intérêt sont généralement quasi-nuls, mais pour mon compte ENTR@IN chez ING Direct c'est quand même pas si pire : 0.25%. Et il n'y a aucuns frais de transactions!
  • Comptes d'épargne : Pratiques pour garder son argent avec un peu plus de rendement tout le gardant facilement accessible. Taux d'intérêt un peu plus élevé (1.35% chez ING Direct) mais ce n'est pas les gros chars, comme on dit.


Placements non enregistrés

  • J'ai des actions de quelques compagnies canadiennes qui rapportent des dividendes, c'est-à-dire un retour des profits qui m'est accordé aux 3 mois, le plus souvent. Je réinvestis automatiquement ces retours dans d'autres actions.
  • Les placements sont "non enregistrés", c'est-à-dire que le gouvernement vient prendre de l'impôt sur les dividendes mais également sur les gains en capital, soit l'argent que je fais quand je vends des actions.


Régime enregistré d'épargne-retraite (REÉR)

C'est un ensemble de comptes et d'investissements qui sont enregistrés auprès du gouvernement. Une cotisation à un REÉR engendre un retour d'impôt (c'est l'avantage le plus connu!). Son but est souvent de ramasser de l'argent pour la retraite, mais on peut aussi profiter de programmes gouvernementaux pour acheter une maison ou retourner aux études.

Le gouvernement permet de placer de l'argent non imposé dans un compte et de le faire profiter sans payer d'impôt durant la durée de vie du REÉR. Par contre, il nous attend dans le détour : tout retrait du REÉR est ajouté au revenu de la personne dans une année et est taxé en conséquence, selon son taux marginal (ce qu'on appelle communément le "bracket d'impôt"), peu importe si c'est l'argent qu'on y a mis au départ ou les profits qu'on en a retiré.

Les droits de cotisation pour une année donnée sont généralement de 18% du revenu personnel de l'année précédente. Ils peuvent être moindres si on cotise déjà à un régime de retraite au travail.

  • Compte d'épargne : J'ai un tel compte chez ING Direct. C'est une façon de garder de l'argent dans mon REÉR en toute sécurité, mais avec un rendement moindre. Je prévois l'utiliser bientôt pour acheter une maison, c'est pour cela que je ne l'investis pas dans des placements à risque.
  • Fonds communs indiciels : Les fonds communs de placement sont des ensembles d'actions dont l'achat et la vente sont gérés par une compagnie qui utilise l'argent de plusieurs investisseurs. Les fonds dits indiciels vont tenter de posséder des actions qui représentent bien le marché boursier entier.
    • Portefeuille à viser ING Direct : Celui-ci comprend 50% d'actions canadiennes, 25% d'actions américaines et 25% d'actions étrangères. Il est géré par ING Direct qui s'assure que les proportions sont gardées malgré les fluctuations du marché. C'est un portefeuille assez risqué que je vais sûrement liquider prochainement...


Compte d'épargne libre d'impôt (CÉLI)

Contrairement à ce que son nom suggère, le CÉLI n'est PAS un compte d'épargne. Le CÉLI a été créé en 2009 et, comme le REÉR, c'est un ensemble de comptes et investissements qui est traité différemment par le gouvernement au niveau des impôts. Par contre, le traitement fiscal et le fonctionnement sont un peu différents du REÉR.

Dans ce cas-ci, tout gain dans le CÉLI n'est jamais imposé. Donc, si on mets 1000$ dans un compte CÉLI et qu'on gagne 25$ en intérêt, on ne paye pas d'impôt sur le 25$ ni sur le moment, ni au retrait. L'argent mis dans un CÉLI a déjà été imposé par le gouvernement, qui nous donne alors un petit break pour les profits :)

Le droit de cotisation par année est fixée par le gouvernement fédéral et est la même pour tous : en 2013 elle est de 5500$. Les droits de cotisation s'accumulent d'année en année (à partir de l'âge de 18 ans), ce qui signifie que quelqu'un qui avait 18 ans en 2009 et qui n'a jamais cotisé peut placer jusqu'à 25 500$ en 2013.

Il est possible de retirer de l'argent d'un CÉLI : on récupère alors le droit de cotisation équivalent l'année suivante. L'argent retiré n'est pas imposé et ne réduit pas les montants reçus de programmes fiscaux comme la pension de vieillesse.

  • Compte d'épargne CÉLI : J'ai un tel compte chez ING Direct. C'est exactement comme un compte d'épargne régulier sauf que je ne paye pas d'impôt sur les intérêts accrus dans l'année.
  • Fonds communs indiciels :
    • Portefeuille à viser ING Direct : Celui-ci comprend 60% d'actions (canadiennes, américaines et internationales) et 40% d'obligations canadiennes. Il est géré par ING Direct qui s'assure que les proportions sont gardées malgré les fluctuations du marché.
    • Fonds Série-e TD Waterhouse : De façon similiaire, je me suis monté un portefeuille qui comprend des parts égales d'actions canadiennes, américaines et internationales ainsi que d'obligations canadiennes. Par contre, je gère moi-même les proportions entre les quatre catégories.

PASSIFS

Prêts étudiants (terminés!)

Juste pour me vanter un peu :) J'avais plus de 22 000$ de prêts étudiants à la fin de mes études de doctorat. J'ai commencé à payer mes prêts en janvier 2013, pour finalement en avoir marre de payer des intérêts et de l'assurance-prêt en plus de rembourser le capital. J'ai fait le choix de vider une partie de mes actifs pour effacer ma dette. Ça m'a probablement retardé un peu dans mes projets de vie (comme une maison) mais au moins à partir de ce moment-là, tout ce que j'allais gagner allait être à moi.


Cartes de crédit

Je me sers de ma carte de crédit pour régler la plupart de mes transactions. Ainsi, j'évite les frais et j'accumule des récompenses. Ma MasterCard CapitalOne RemisesPlus World m'offre notamment une remise en argent de 1% sur mes achats.
  • N'oubliez pas! Payez toujours votre solde de carte de crédit au complet à chaque mois. Sans cela, vous dites adieu à un retour instantané d'environ 19% sur votre argent!

VALEUR NETTE

À chaque mois je prends toujours quelques minutes pour entrer dans un joli classeur Excel maison l'état actuel de mes finances. Cela donne de beaux graphiques comme celui-ci :

(Cliquer pour agrandir)

Dans le contexte de ce blog public, je fixe tout à fait arbitrairement la valeur "100%" à ma valeur nette au 1er juin 2013. Vous voyez donc que je suis passé dans le positif en mai 2012. À l'époque toutefois, j'avais encore mes dettes d'études en rembourser, ce que j'ai fait durant le mois de mai 2013.

Le chiffre officiel pour le mois de juillet est donc... (roulement de tambour)... +2.6%

Dans mes prochains billets, je vais définir plus en détails certains concepts qui nécessitent une explication plus extensive, comme les actions, les obligations et les fonds communs indiciels. Je vais également faire un suivi de la lecture de mon livre La planification financière personnelle.

vendredi 7 juin 2013

Un cours de finances personnelles... sans le cours!

J'ai dévoré plusieurs livres de finances personnelles et d'investissements dans les derniers mois. J'ai toujours cherché des livres assez "élémentaires", avec des notions expliquées dans un langage clair et qui me permettraient d'asseoir mes connaissances sur une base solide. Les livres plus théoriques étaient assez barbants...

Je suis tombé par hasard sur un cours donné à l'Université Laval : CTB 1902 - Introduction à la planification financière personnelle. Cependant, je viens de terminer mon doctorat en physique médicale alors je n'ai pas trop le temps ni l'envie de retourner sur les bancs d'école et de faire des examens et des travaux d'équipe...

C'est alors que j'ai eu l'idée de dénicher le syllabus de ce cours et de voir quels sont les ouvrages de référence. Il se trouve que le cours de l'Université Laval est basé en grande partie sur le livre La planification financière personnelle : Une approche globale et intégrée, de Plamondon et Sauvé.

Dans les prochaines semaines je vais donc m'atteler à la tâche et tenter de suivre ce livre ainsi que les exercices qui y sont présentés pour parfaire mes connaissances autant sur les bases de la finance personnelle, les différents véhicules d'investissement, les régimes de retraite, l'investissement en bourse, les assurances et la planification successorale.

Y'a bien juste moi pour trouver ça intéressant, dit comme ça! :)

Je tâcherai de faire un compte-rendu de mon progrès de façon régulière. J'ajouterai également des critiques et appréciations de différents autres livres que j'ai lus et qui doivent faire partie de la bibliothèque des gens intéressés à prendre le contrôle de leur avenir financier.