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samedi 4 juin 2016

Prévoir l'imprévisible

Comme vous avez pu le constater sur ce blog récemment, notre projet de maison prend beaucoup de place dans nos vies. C'est un événement très important pour nous et que nous planifions avec soin. Côté financier, un des aspects auxquels il a fallu songer, c'est ce qui arriverait si l'un de nous deux devenait invalide ou décédait. L'autre pourrait alors se retrouver avec une hypothèque à payer seul en attendant de pouvoir revendre la maison.

Parler de la maladie, de la mort et de leurs conséquences n'a rien de palpitant, cependant il est important d'y songer et de s'y préparer financièrement. Prenons un exemple récent : le décès du chanteur Prince. Saviez-vous qu'il n'avait pas rédigé de testament? Sa fortune et sa propriété intellectuelle sont donc à la merci de la justice, qui devra gérer son patrimoine et le distribuer aux bonnes personnes. Avec sept frères et sœurs et des enfants possibles qui se manifestent, c'est un vrai casse-tête.

Évidemment, on n'a pas besoin d'avoir la situation complexe et les millions de Prince pour penser à notre succession. Dès que nos actifs sont suffisamment importants et qu'on est dans une situation où des proches dépendent de nous financièrement (conjoint, enfants, etc.), le testament devient extrêmement utile.

Par exemple, mon copain et moi sommes conjoints de fait. Sans testament, qu'arriverait si un de nous deux avait un accident fatal? L’autre se retrouverait copropriétaire de la maison avec sa belle-famille! En plus, le reste des biens iraient à la famille et le conjoint n'aurait rien du tout, sinon quelques rentes accessibles aux conjoints non mariés.

Même les conjoints mariés devraient avoir un testament pour ce genre de situation. En effet, sans testament, l'époux n'est qu'un des héritiers de la succession et devra la partager avec les enfants ou d'autres membres de la famille.

On peut penser à plusieurs autres situations où on souhaite que certains de nos biens et placements aillent à une personne en particulier, plutôt que d'être séparés entre tous les héritiers. On peut vouloir assurer une qualité de vie à un proche, ou encore économiser de l'impôt. La seule manière de s'assurer que le patrimoine soit divisé comme on le souhaite est de mettre tout cela par écrit, en bonne et due forme, dans un testament.


Qu'est-ce qu'un testament, exactement?

Selon le Guide pratique sur les successions du magazine Protégez-vous, le testament est "le seul document officiel qui vous permet de choisir et de connaître la façon dont vous voulez que vos biens soient répartis à votre décès. Sans testament, ce sont les règles établies par le Code civil du Québec qui détermineront leur sort." (Référence)

C'est dans un testament qu'on retrouve, notamment :

  • Nos souhaits en termes d'arrangements funéraires
  • Nos souhaits en termes de dons d'organes et de tissus
  • L'identité du ou des liquidateurs testamentaires, qui seront responsables de gérer la succession et de la distribuer aux héritiers, ainsi que les détails de leurs tâches
  • La façon dont nos biens seront distribués parmi nos héritiers
  • La façon dont sera géré l'héritage d'un enfant jusqu'à sa majorité
  • Les alternatives en termes de liquidateurs ou d'héritiers au cas où ceux-ci refusent, sont absents, inaptes ou encore décédés

Un testament peut être rédigé à la main (olographe), être réalisé devant témoins ou encore être fait devant un notaire. Dans les deux premiers cas, il doit être validé en cour lors du décès alors que le testament notarié entre en fonction dès le décès. Il est donc avantageux de faire appel à un notaire, qui nous conseillera également sur le contenu du testament et qui s'assurera que toutes les considérations du Code civil soient respectées.

La démarche de base n'est pas complexe : pour une situation simple comme un couple sans enfant qui souhaite se nommer héritiers l'un l'autre, quelques questions suffisent.

Ça se complexifie quand on désire léguer certains biens à certaines personnes (legs particulier), lorsqu'on doit penser à la tutelle d'un enfant mineur ou encore lorsqu'on possède une entreprise. Encore une fois, l'aide d'un notaire est précieuse.


Et si je devenais inapte?

On peut être ou devenir inapte, de façon temporaire ou permanente, suite à toutes sortes de situations : un handicap mental, un accident vasculaire cérébral, un accident de la route, une maladie dégénérative... Les démarches pour mettre en application un mandat en cas d’inaptitude peuvent être parfois longues, d’où l’importance qu’il soit réfléchi et complet.

Le mandat en cas d'inaptitude peut être fait devant un notaire, un avocat ou devant des témoins. Il permet de nommer un adulte (le mandataire) qui pourra se charger de gérer nos biens et nos soins, advenant le cas où on ne puisse plus le faire soi-même. Cela peut donc couvrir plusieurs sphères de la vie, comme :

  • Nous assurer un hébergement adéquat
  • Nous assurer que nos besoins soient comblés (vêtements, hygiène, etc.)
  • Consentir à notre place à des soins de santé
  • Administrer nos revenus et rentes
  • Payer nos factures
  • Gérer nos placements

Le mandat permet également de nommer un tuteur pour des enfants mineurs (si l'autre parent n'est pas en mesure de le faire), ainsi qu'à donner des instructions sur la gestion des biens. Par exemple, on peut vouloir que l’argent de nos propres comptes serve à maintenir une qualité de vie à notre famille.


Combien ça coûte?

Un testament et un mandat en cas d'inaptitude qu'on rédige par nous-mêmes ne coûtent rien ou presque. Il existe également certaines trousses qui aider à les rédiger mais il faut être vigilant puisque ce sont des documents très génériques qui ne couvrent peut-être pas votre situation.

Dans notre cas, nous avons réalisé tous ces documents devant notaire. Ça nous a coûté environ 350$ par document. Ce n'est pas donné, mais au moins on a la certitude qu'ils ont été rédigés dans le respect du Code civil du Québec et qu'ils seront valides sans jugement d'un tribunal.


Références

Vous pouvez vous procurer le Guide pratique sur les successions en vous rendant sur le site Internet du magazine Protégez-vous. Il est disponible au coût de 12.95$.

Le site Internet d'Éducaloi contient une foule d'information sur les décès et les testaments, mais également sur tous les aspects juridiques dans nos vies.

Vous pouvez également consulter le site de la Chambre des notaires du Québec pour de plus amples informations et pour trouver un notaire.


vendredi 29 août 2014

Le lecteur curieux : Millionaire Teacher de Andrew Hallam

J'inaugure aujourd'hui Le lecteur curieux, une série de billets dans laquelle je discuterai de mes lectures en finances personnelles et en investissements. Commençons par le livre qui a tout commencé pour moi...

J'avoue que tout ce dont je me rappelle de mes cours d'économie au secondaire, ce sont les cours de cuisine et de couture en secondaire 2, ainsi que quelques bribes des cours magistraux du secondaire 5. Je dois par contre me compter chanceux, parce que de nos jours ces cours n'existent même plus! Le cours d'économie du secondaire 5 a notamment été retiré du programme en 2009. Les jeunes n'apprennent donc plus les bases de l'épargne, du crédit, des placements... Dommage, parce que c'est quand on est jeune qu'il faut commencer à mettre la magie de l'intérêt composé de notre côté.


Bien au fait des lacunes du système scolaire au niveau de la gestion financière, l'enseignant au secondaire canadien Andrew Hallam a décidé de rédiger un livre qui regroupe neuf règles sur la richesse que tous auraient dû apprendre à l'école : Millionaire Teacher: The Nine Rules of Wealth You Should Have Learned in School. Ce sont les règles qu'il a appliquées et qui lui ont permis de devenir millionaire à 38 ans sur un salaire d'enseignant.

C'est un des premiers livres que j'ai lus quand j'ai commencé à m'intéresser à la finance personnelle et aux investissements. C'est un excellent point de départ. Le langage est simple et facile à comprendre, avec un style léger et humoristique. Ce livre comprend plusieurs exemples, anecdotes et histoires réelles. Malheureusement, il n'est disponible qu'en anglais.



D’après Andrew Hallam, les règles de la richesse s'énumèrent comme suit :

1. Dépensez comme si vous vouliez devenir riche

Quand on pense à quelqu'un de riche, on l'imagine avec une grande maison, plusieurs voitures sport et un valise toujours prête pour partir faire le tour du monde. Cependant, la vérité est souvent toute autre : on ne voit pas la double hypothèque sur la maison, les cartes de crédit remplies et le contrat de location de la voiture sport. Vous serez probablement étonnés d'apprendre que le prix médian payé pour une voiture par les millionnaires américains en 2009 était d'un peu plus de 30 000$ seulement. On est loin de la Ferrari!


2. Investissez le plus tôt possible - après avoir payé vos cartes de crédit et vos prêts à haut taux

J'ai déjà parlé de la magie des intérêts composés. Plus on commence tôt dans la vie, plus notre argent a le temps de croître. Par exemple, épargner 45$ par mois pendant 60 ans donne un portefeuille beaucoup plus imposant que d'épargner 800$ par mois pendant 25 ans.

Par contre, il ne fait aucun sens d'investir avant de s'être débarrassé de ses dettes à haut taux, comme les cartes de crédit. Pendant qu'on espère gagner 8% de rendement d'un côté, la banque nous ponctionne de 20% de l'autre!


3. Investissez dans des fonds indiciels à faible coût plutôt que dans des fonds gérés activement

Ici, Andrew Hallam rappelle les mérites de l'approche indicielle, qui consiste à investir dans des produits qui couvrent tout le marché boursier, plutôt que dans certaines compagnies seulement. On obtient alors assurément le rendement moyen des marchés au lieu d'avoir un rendement potentiellement supérieur mais incertain.

L'auteur explique également l'impact des différents frais et commissions qui sont chargés pour les fonds gérés activement. Tous ces frais viennent réduire d'autant notre rendement, mais mettre plus d'argent dans les poches des gens qui vendent ces fonds.


4. Apprenez à connaître la psychologie des marchés, pour ne pas tomber dans le piège de vos émotions

Le multimilliardaire Warren Buffett, PDG de la compagnie d’investissements Berkshire Hathaway, a écrit à ses actionnaires dans une lettre en 2004 :
[Les investisseurs] devraient essayer d'être peureux quand les autres sont cupides, et cupides lorsque les autres sont peureux." - Warren Buffett (traduction libre)
Par ces mots, Buffett voulait dire qu’il est facile de se laisser emporter par l'enthousiasme ou la peur lorsque les marchés ont des hausses ou des baisses marquées. Le meilleur moment pour acheter, c’est quand tout le monde a peur d’acheter : les prix sont alors plus bas et les promesses de rendement plus élevées. L’inverse est vrai pour la vente : quand les gens sont enthousiastes, ils sont prêts à payer cher et on peut alors réaliser un bon profit en étant leur vendeur.


5. Montez un portefeuille diversifié d'actions et d'obligations qui battera la majorité des experts sans effort

Un portefeuille bien géré comprend des placements qui n’ont qu’un faible lien entre eux ou qui évoluent dans des sens contraires. C’est le cas des actions et des obligations : généralement, quand les actions vont mal, les gens se réfugient en achetant des obligations. La loi de l’offre et de la demande fait baisser la valeur d’une catégorie et fait monter la valeur de l’autre.

L’idée de la diversification est de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Cela réduit les variations à court terme dans la valeur de notre portefeuille (volatilité). On assigne alors un pourcentage de notre argent aux actions et le reste aux obligations. Par une méthode qu’on appelle rééquilibrage, si jamais l’une des catégories devient trop importante par rapport à l’autre, l’investisseur pourra alors ramener les proportions au niveau initial en vendant ce qui a monté ou en achetant davantage de ce qui a baissé. Aucune émotion n’est mise en jeu ici : c’est simplement mathématique.


6. Construisez votre portefeuille de fonds indiciels adaptés à votre situation géographique

Andrew Hallam est un enseignant canadien qui travaille maintenant au Singapour. Il est donc au courant des différences qui existent entre les pays au niveau des produits financiers. Il nous apprend que le Canada est le pays où on paie le plus cher pour ces produits, alors que les Américains ont la chance d’avoir accès de fonds indiciels à très faible coût.

Le livre a été écrit en 2011, avant qu’une certaine guerre de prix ne débute au Canada, mais ses conseils ne sont pas moins valides. Il suggère de répartir ses actifs entre des actions canadiennes, des actions américaines, des actions internationales et des obligations canadiennes. L’idée est de garder la majorité de son portefeuille dans la monnaie que l’on utilise tous les jours, tout en s’exposant à tous les marchés du monde.


7. Apprenez à contrecarrer la rhétorique des vendeurs de produits financiers

Bien sûr, les fonds communs gérés activement sont le pain et le beurre de la majorité des planificateurs financiers qui travaillent à commission. Il est alors compréhensible qu’une réticence pourrait être rencontrée si un investisseur veut transférer à des fonds indiciels à faible coût.

Par exemple, le conseiller tentera probablement de convaincre son client qu’une telle approche est risquée car les fonds gérés activement ne mettent jamais leurs oeufs dans le même panier et sont capables de réagir aux soubresauts des marchés. C’est bien beau en théorie, mais en pratique il est impossible de prédir la direction que prendront les marchés et, qui plus est, une gestion active coûte cher.


8. Évitez les arnaques et les structures pyramidales

Cela peut paraître évident dit comme cela. Cependant, bien des gens tombent dans le panneau lorsqu'ils se font promettre des rendements élevés pour peu d'efforts. Souvent, on voit son entourage gagner beaucoup d'argent dans de telles entreprises et on est portés à les suivre. Parlez-en aux investisseurs qui ont fait confiance à Vincent Lacroix ou à Earl Jones : si c'est trop beau pour être vrai, c'est que c'est peut-être le cas, méfiez-vous.


9. Si vous devez absolument investir directement dans des compagnies, faites-le avec une petite partie de vos avoirs et suivez des mentors comme Warren Buffet

Malgré tout, le goût du risque et l'appât du gain sont souvent trop forts chez certaines personnes qui voudront tenter leur chance à investir dans des compagnies directement. Il est possible qu'ils fassent un bon coup, bien entendu. Cependant, sans une approche rationnelle et logique, il devient pratiquement impossible de dénicher les aubaines. Aussi, pour éviter que nos choix sabordent nos plans de retraite ou nos autres objectifs financiers, seule une portion restreinte de nos avoirs devrait être dédié à ce genre de placements.

L'auteur suggère de se fier à l'approche de Warren Buffett. Avant d'acheter des actions d'une compagnie, il faut faire ses devoirs et analyser la rentabilité et le potentiel de croissance. C'est seulement lorsqu'on est convaincu de vouloir être actionnaire pendant une longue période qu'on devrait penser à se lancer.


En résumé, Millionaire Teacher est un livre qu'il faut absolument compter dans sa bibliothèque. C'est le point de départ idéal pour les débutants en placements, mais également un bon rappel des réalités pour ceux qui ont plus d'expérience dans le domaine. Écrites d'une façon claire, concise et agréable, les leçons du professeur millionnaire sont celles qui nous suivront toute notre vie.


Note : Ce billet concerne la première édition du livre, mais une seconde édition à jour est sortie le 4 janvier 2017.




mardi 6 août 2013

Épargner petit à petit

On connaît bien le dicton québécois "C'est avec des cents qu'on fait des piastres!" (quoique maintenant on parlerait plutôt de cinq sous). C'est avec de petites sommes qu'on obtient de plus grosses sommes. C'est l'essence même de l'épargne.  Voici donc quelques façons pour y arriver.


Une manière simple et facile d'épargner est de suivre le principe du "Payez-vous d'abord". Ce concept a été popularisé par l'auteur canadien David Chilton dans son livre Un barbier riche (voir références). L'idée est de mettre automatiquement de côté une partie de son salaire avoir d'avoir pu la dépenser. Cela paraît brutal mais, la plupart du temps, il n'y a aucun effet indésirable sur la qualité de vie : on s'habitue à ne pas avoir cette somme à sa disposition. Il suffit ensuite d'investir ces épargnes et de ne plus y toucher à moins d'en avoir réellement besoin.

Une autre façon d'épargner petit à petit est de modifier certaines de ses habitudes de vie pour ensuite mettre la différence de coût dans une jarre ou un compte d'épargne. Par exemple, on peut faire une grosse quantité de pâté chinois pour faire ses propres lunchs et mettre de côté l'équivalent d'un dîner au resto.  On peut aussi faire son propre café au bureau au lieu d'aller acheter un venti-latté-double-crème-fouettée-sirop-de-caramel chez Starbucks. Ainsi, économiser 5$ par jour permet d'amasser plus de 100$ en un mois. Au bout d'un an, la jarre contiendra plus de 1200$ (vous devriez peut-être la vider plus souvent que ça). En prime, c'est meilleur pour le tour de taille!

Il y a bien sûr d'autres manières d'économiser : satisfaire ses besoins sans excès, se limiter à un budget fixe, négocier régulièrement ses forfaits de téléphonie cellulaire, de télévision et d'Internet, effectuer des recherches sur un article pour dénicher le meilleur prix... En plus d'acquérir de bonnes habitudes de consommation, cela permet de ramasser des sous pour ce projet qui tient tant à coeur ou encore pour couler ses vieux jours à l'abri des tracas.


Automatiser et simplifier sans frais

Heureusement, plusieurs outils bancaires sont à notre disposition pour nous aider dans notre démarche d'épargne. Dans mon cas, j'ai réglé un transfert automatique entre mes comptes pour que, lorsque ma paie est déposée, 10% de celle-ci va directement vers mon compte d'investissement CÉLI. Une autre portion est également automatiquement allouée à mon fonds d'urgence. Le processus est très facile à initier et je n'ai plus à m'en soucier par la suite car tout se fait tout seul.

J'aime bien aussi l'option Petits ¢ompromis de l'application mobile d'ING Direct. J'ai notamment ajouté une entrée "Faire mon propre lunch" qui me permet de transférer 5$ de mon compte-chèques vers mon fonds d'urgence en quelques secondes. L'application permet également de faire un suivi de l'argent ainsi économisé et de savoir combien la somme de ces petites épargnes rapportera dans cinq et 25 ans avec les intérêts.

Par ailleurs, une autre façon d'économiser est de faire affaire avec une banque sans frais, comme ING Direct. Ceci permet de réaliser des économies importantes par rapport aux frais de service des grandes banques. Les taux d'intérêt plus élevés sur les comptes d'épargne aident également à faire travailler notre argent, grâce à la magie de l'intérêt composé.


Références

CHILTON, David. (1997, c1993). Le barbier riche : le bon sens appliqué à la planification financière. Saint-Laurent, Éditions du Trécarré, 211 pages.
CHILTON, David. (2012). Le retour du barbier riche : visiblement plus vieux et légèrement plus sage, David Chilton offre son point de vue sur le monde de l'argent. Montréal, Logiques, 227 pages.

Ces deux ouvrages sont des incontournables pour les débutants en matière de finance personnelle. Le premier livre, écrit sous la forme d'un roman, est très difficile à trouver car il n'est plus imprimé. Certaines librairies ont encore la version anglophone en stock mais vous aurez plus de chances à votre bibliothèque municipale. Sinon, le second livre du même auteur, paru plus récemment et tout aussi humoristique, reprend les mêmes thématiques. Il est disponible en librairie, en ligne (en français et en anglais) ainsi qu'en bibliothèque.


lundi 8 juillet 2013

L'indépendance financière

Dans son livre Findependence Day (1), l’éditeur en chef de la revue MoneySense et journaliste économique Jonathan Chevreau parle d’indépendance financière (ou « findépendance ») comme étant une première retraite. À partir de ce moment, les revenus que nous rapportent nos investissements auront dépassé ceux que nous rapporte notre travail. Continuer à travailler devient alors un choix plutôt qu’une obligation. Le moment de la seconde retraite, ou retraite complète, est également un choix conscient qui permet dès lors de vivre les années qui suivent sans crainte de perdre de sa qualité de vie.

La qualité de vie, c’est le niveau de satisfaction que nous retirons quand nous comblons nos besoins physiologiques, sociologiques et psychologiques. (Vous rappelez-vous de la pyramide des besoins de Maslow?) Des dépenses sont souvent associées à ces besoins : on parle du coût de la vie. Comme la satisfaction de ces besoins passe notamment par l’achat de produits et de services, le budget est un outil privilégié pour gérer nos comportements financiers..

Je n’ai pas encore fixé de date précise à ma « Journée de la findépendance », mais je sens que je suis sur la bonne voie.

Le chemin vers l’indépendance financière


Être indépendant financièrement, pour certains, c’est conduire une voiture sport, vivre dans un château ou encore voyager partout dans le monde. Pour d’autres, c’est plutôt être en mesure de s’assurer une qualité de vie satisfaisante à court, à moyen et à long terme, sans pour autant posséder le compte de banque de Picsou.

Pour prendre en charge mes finances et m’engager vers l’indépendance financière, j’ai ainsi regardé deux choses : les revenus dont je dispose (ma capacité financière) ainsi que la façon dont je gère ces revenus (ma performance financière).

Mes revenus comprennent ce que je gagne comme salaire ainsi que ce que mes investissements rapportent. Ces revenus devraient être suffisamment stables pour permettre des estimations fiables.

Pour bien gérer ses revenus, il faut penser à deux choses : dépenser intelligemment et investir sagement. Dépenser de manière éclairée ne veut pas dire être « cheap » : c’est plutôt savoir dépenser. Dans le même ordre d’idées, investir n’est pas une course aux plus gros bénéfices. On doit plutôt viser des rendements raisonnables et plus sûrs plutôt que des rendements élevés mais trop risqués.

Pour atteindre l’indépendance financière, j’aurai donc deux grandes étapes à franchir (2) :
  1. Me débarrasser de toutes mes dettes personnelles tout en maintenant ma qualité de vie.
  • C’est un objectif généralement planifié à moyen terme, soit sur environ cinq ans.
  • Dans mon cas, j’ai déjà pu éliminer mes prêts étudiants. L’achat d’une voiture pourra être parmi ces dettes à éliminer à court ou moyen terme. Une hypothèque est généralement acceptable à cette étape puisque son paiement est échelonné sur le long terme.
  1. Réussir à accumuler suffisamment d’argent pour pouvoir prendre une préretraite ou une retraite complète tout en maintenant ma qualité de vie.
  • C’est un objectif généralement planifié à long terme, sur une période de 15 à 30 ans.
  • De mon côté, j’ai commencé à contribuer à mon régime de retraite au travail. J’ai aussi mon CÉLI, mon REÉR et quelques investissements hors régime.

Suggestion de lecture

J’en profite pour faire de Findependence Day une suggestion de lecture à la fois éducative et divertissante. En effet, l’auteur a choisi la forme du roman pour véhiculer ses conseils financiers. On y suit l’histoire de Jamie Morelli, un adepte de disques vinyles de 28 ans qui, après avoir été humilié à la télé nationale dans un talk-show sur les gens criblés de dettes, décide de prendre sa vie financière en mai. Il fixe alors son « Jour de findépendance » au jour de ses 50 ans. Sa femme Sheena est cependant un peu moins déterminée à suivre son mari dans le style de vie austère qu’il veut s’imposer. Jamie sera également confronté au monde excitant mais risqué du marché boursier et des compagnies en démarrage, qui viendront mettre en péril ses objectifs.

L’auteur aborde ainsi plusieurs facettes de la finance personnelle et des investissements, tout en gardant un ton léger et accrocheur. L’intrigue amoureuse s’entremêle ainsi habilement avec les conseils sur la frugalité et les REÉR, le drame économique avec la planification d’un portefeuille de placements, le tout avec humour.

La première édition canadienne du livre est disponible sur le site Internet de son auteur ainsi que sur Amazon.ca.  Une édition révisée est à venir.

(1) CHEVREAU, Jonathan. (2008). Findependence Day : One Couple's Turbulent Journey to Financial Independence. Toronto, Power Publishers Inc., 188 pages
(2) PLAMONDON, Rolland G. et SAUVÉ, Pierre. (2012). « La démarche professionnelle en planification financière personnelle : une activité stratégique d’intégration », dans Rolland G. Plamondon et Pierre Sauvé (dir.), La planification financière personnelle : une approche globale et intégrée, 6e édition, Montréal, Chenelière Éducation inc., p. 32.


vendredi 7 juin 2013

Un cours de finances personnelles... sans le cours!

J'ai dévoré plusieurs livres de finances personnelles et d'investissements dans les derniers mois. J'ai toujours cherché des livres assez "élémentaires", avec des notions expliquées dans un langage clair et qui me permettraient d'asseoir mes connaissances sur une base solide. Les livres plus théoriques étaient assez barbants...

Je suis tombé par hasard sur un cours donné à l'Université Laval : CTB 1902 - Introduction à la planification financière personnelle. Cependant, je viens de terminer mon doctorat en physique médicale alors je n'ai pas trop le temps ni l'envie de retourner sur les bancs d'école et de faire des examens et des travaux d'équipe...

C'est alors que j'ai eu l'idée de dénicher le syllabus de ce cours et de voir quels sont les ouvrages de référence. Il se trouve que le cours de l'Université Laval est basé en grande partie sur le livre La planification financière personnelle : Une approche globale et intégrée, de Plamondon et Sauvé.

Dans les prochaines semaines je vais donc m'atteler à la tâche et tenter de suivre ce livre ainsi que les exercices qui y sont présentés pour parfaire mes connaissances autant sur les bases de la finance personnelle, les différents véhicules d'investissement, les régimes de retraite, l'investissement en bourse, les assurances et la planification successorale.

Y'a bien juste moi pour trouver ça intéressant, dit comme ça! :)

Je tâcherai de faire un compte-rendu de mon progrès de façon régulière. J'ajouterai également des critiques et appréciations de différents autres livres que j'ai lus et qui doivent faire partie de la bibliothèque des gens intéressés à prendre le contrôle de leur avenir financier.